Julien Lepers Messalina


Je suis le croque mitaine de tes doigts
Je suis le démon de tes nuits qui éclot dans une fleur
Je suis l’ombre noire que tu caches dans tes poches

J’ai encore fait une bêtise
Mais je suis trop grande pour aller au coin
Du coup je vais où ?

Donnez-moi la mer
Le sel qui s’incruste dans les petites déchirures
Donnez-moi l’Ostie du sable
La soif du dégénéré qui boit un milliard de fois la tasse
Les démons vivent dans l’eau et non dans le feu

Je suis le croque mitaine de tes doigts
Je suis le démon de tes nuits qui éclot dans une fleur
Je déshabille ce qu’il te reste sur le corps
Et sans que tu ne t’en aperçoives je mange tes cheveux

La mer


J’ai des cuisses. Des cuisses, un ventre, des seins. Je suis une image qui marche. Savent-ils ce qu’il y a à l’intérieur.
Dans l’eau, des bruits que l’on ne connait pas. Une peau qui se transforme.
« C’était lui ou moi. » Voilà ce que la dame de la radio a rapporté. « Lui ou moi » et puis elle a jeté son corps à la mer. Elle l’a laissé au ressac.
Je nage, j’abandonne tout de moi, je sombre, les autres ne me voient pas. Je rase le sol. Quelque chose vient de tomber. Les abysses caressent ma joue, tendresse que je ne refuse pas. L’eau est ma demeure.

Nouilles sautées citronnelle


Nouilles de riz au poulet et à la citronnelle

– 200 g filet de poulet
– 100 g nouille de riz
– 1 cm racine gingembre frais
– 1 gousse d’ail
– 1 tige citronnelle
– 3 cl soupe sauce poisson
– 3 cl soupe soja
– 2 cl soupe huile neutre
– Coriandre
– Tige ciboule + 1 cl soupe sucre roux

Émincer finement citronnelle, gousse ail & gingembre. Piler le tout dans un mortier avec sauce poisson, sauce soja & sucre roux.

Verser marinade sur poulet. Laisser une heure au frais.

Verser eau bouillante légèrement salée sur nouille riz.
Laisser tremper pour qu’elles ramollissent. Égoutter et assaisonner avec 1 cl. à soupe d’huile.

Chauffer le reste d’huile dans wok. Lorsqu’elle est fumante faire cuire les morceaux de poulet avec la marinade à feu très vif en remuant constamment.

Ajouter nouille, coriandre et faire sauter une minute.

Nightclub – avec les boys Loïs et Arsène

Tu ne peux pas écrire avec des gants ; il faut sentir la peau, toucher le stylo, la peau, l’objet. Les sensations, le froid, plutôt que rien car c’est un travail du corps, de l’esprit, des choses qui t’entourent.

A la fin, le soleil d’hiver se couchera sur ton visage et se noiera dans le Rhône. Toi tu auras avalé son feu volcanique – jolie météorite humaine. Tu dégueuleras une fine marée de lave au milieu de la nuit ; ta bouche brûlante est en or, on la croque comme une pomme.

*
Éléonore – vidéopoème

la tempête Eleanor a fait tomber des arbres sur la voie
il n’y a plus d’électricité
rafales
tourbillon
la même forme que mon pain au raisin
totalement englouti
enfoui dans les ténèbres de mon estomac

un peu comme toi d’ailleurs
je n’ai mangé qu’un petit bout de ton cœur
je l’ai digéré lors d’un aller-retour
Strasbourg – Paris
J’ignorais que ton corps en morceaux
Serait si douloureux à faire passer
Le long de ma trachée

Tu m’as refilé tes brûlures d’estomacs